LA MENOPAUSE 2: la Rose et la Bleue Marine

Si l’opposition entre les deux couleurs du premier chapitre sur la ménopause était facile à comprendre, il va en être de même pour ce chapitre deux qui va opposer deux autres types, dont les couleurs pourront être tout aussi justifiées.

Nous rappelons que tous ces types de réactions ont un point commun, le même dosage hormonal, avec un Estradiol quasiment nul et une FSH au plafond.

 

de la puberté à la maturité

 

Pour comprendre, il faut parler un peu d’hormonologie. Pour faire simple, il existe deux hormones principales chez la femme, l’estrone (E1), et l’estradiol (E2), auxquelles s’oppose en deuxième partie de cycle, la Progestérone, si l’ovulation a eu lieu. L’estrone est la première hormone à apparaître, procurant en prépuberté, les caractères sexuels secondaires chez la jeune fille, c’est à dire l’apparition de signes visibles n’existant pas à la naissance: la poussée des seins (thélarche aussi appelée gynécomastie prépubertaire), la pilosité pubienne (pubarche) et ensuite l’apparition des règles (ménarche).

L’estrone correspond à la douceur féminine, et à l’aspect maternant et protecteur, que nous avons déjà décrit chez Pulsatilla, la petite fille modèle (voir les enfants timides). En échange, contrepartie de la fécondité, cette hormone perméabilise les veines (pour mieux échanger avec le placenta), et les jeunes filles voient apparaître des jambes moins fines, parfois violacées aux genoux et aux extrémités, et des rondeurs à la face externe des cuisses et la face interne des genoux (« les jambes de fille »).

De la même manière apparaissent le plus souvent pudeur excessive, timidité et réserve, et le rose aux joues si il y a approche du sexe opposé. Vous me direz, cela doit bien arranger les parents! Oui, mais je n’ai pas dit que toutes les jeunes filles étaient aussi sensibles à l’estrone.

Comme elles ont toujours bien aimé le sucre et ses douceurs, elles correspondent au Tuberculinisme teinté de Psore (stockage de matière par l’alimentation).

Les filles plus délurées ont un terrain luétique (Luèse), et sont plus sensibles à l’estradiol plus précocement. J’ai entendu dans mon cabinet de consultation des fillettes de huit ans demander à leur mère des talons hauts et du rouge à lèvres pour aller à l’école!(même si toutes les petites filles essayent par jeu).

L’estradiol  est l’hormone de la féminité active,  et prend le dessus sur l’estrone lorsque la jeune fille s’épanouit en femme. C’est l’hormone de la séduction avec tout ce que cela représente comme apprentissages et préparations. Ève arrive ! C’est l’hormone de l’ovulation avec pulsion vers l’acte sexuel dans un but (inconscient) de  continuité de l’espèce.  Bien sûr, il y a aussi l’amour…

Ainsi, nous pouvons affirmer qu’il y a deux personnes dans chaque femme, l’amante et la mère, Ève et Marie, avec des lectures différentes de ces deux états, d’une femme à l’autre ou en fonction de périodes différentes de l’existence. Certaines ne connaîtront que l’hormone d’Ève, et d’autres celle de Marie, surtout après une maternité. Ce qui est certain, de nombreuses femmes, à l’arrêt des règles, voient l’estrone re-passer devant l’estradiol, et en particulier celles qui ont pris du volume dans les zones hormono dépendantes : face interne des genoux, face externe du haut des cuisses, « poignées » au niveau de la taille, face postérieure des bras et glande mammaire qui subit une involution lipomateuse (remplacement des tissus galactogènes par du tissu graisseux). Ainsi à la chute de l’activité ovarienne, les femmes un peu potelées en pré ménopause voient leur corps se modifier et s’alourdir dans les zones précitées, afin d’y transformer les hormones surrénaliennes en sulfate d’estrone et de l’y stocker. Cela a plusieurs conséquences:  l’aggravation de la circulation veineuse dans ces zones qui se chargent de nombreux capillaires un peu violacés, et une légère inflammation locale qui déclenche une petite douleur à la palpation appuyée. La mauvaise circulation locale favorise le stockage des graisses la nuit, par la position allongée immobile, et la fabrication de nouvelles molécules d’hormone, qui aggravent la circulation, et ainsi de suite…

Une contraception orale trop forte aggrave le phénomène chez ces jeunes femmes. Il leur faut toujours la pilule la moins dosée du commerce, voire parfois pas de pilule du tout…

Les femmes ayant toujours eu un mauvais retour veineux à l’immobilité et à la chaleur, retrouvent une zone douloureuse au dessus de la cheville avant la naissance du mollet, zone à ne pas serrer sous peine d’y voir apparaître une lipodystrophie durable, elle aussi hormono dépendante (mauvais retour des vacances de neige si chaussures de ski trop serrée). 

Cette captation des graisses et des hormones présente néanmoins un énorme avantage, car ces femmes que Rubens aurait bien pris pour modèle, vont présenter une ménopause très douce…

 

ainsi commence la ménopause Rose de Pulsatilla. 

 

Ainsi présentée, dès la disparition de ses dernières règles, Madame Pulsatilla retrouve des humeurs qu’elle avait connues jeune fille. Plus sensible aux niveau des joues, ses bouffées peuvent être déclenchées par une émotion, comme autrefois, ou par une augmentation de la chaleur, en allant du froid au chaud, ce qui empourpre son visage et même son nez, qui peut devenir si rouge qu’il devient source de complexes (à compléter par Vinca Minor 4 CH). La transpiration sera faible, plutôt au niveau de la poitrine, et la soif reste modérée. Le désir de sucreries est bien présent, ainsi que pour les laitages, et fort peu pour les graisses et les poissons gras, d’ailleurs mal digérés.

Dans son cas, les bouffées ne sont pas plus fortes la nuit, comme les vraies carences en estradiol du début de la ménopause rouge par exemple.  Dame Pulsatilla n’en fuit pas moins la chaleur, de la pièce et du lit, car elle a depuis longtemps vérifié que le repos allongé et à la chaleur, aggravait sa circulation (allant jusqu’aux migraines par congestion veineuse matinale) et qu’à l’inverse elle était toujours améliorée de tous ses symptômes par un exercice modéré en plein air, surtout frais.

En tout cas, quand on a une mauvaise circulation de retour, il faut circuler soi même pour l’activer.

Nous avons déjà dit que Cette femme plutôt douce et conciliante avait beaucoup d’estrone, hormone maternante par excellence, et donc beaucoup d’amour à donner. Quoi d’étonnant que cette ex mère poule devienne grand-mère gâteau, n’hésitant pas à prendre les aiguilles à tricoter, à l’annonce de chaque future grossesse, pour envelopper d’un amour le plus protecteur et de la laine la plus douce, sa descendance à venir. Attention pour elle de ne pas faire un transfert si fort qu’elle fasse de l’ombre à la vraie maman …

Compte tenu de ce que nous avons dit de sa physiologie, notamment sur l’association circulation-dépôt de graisse-stockage d’hormones, et pas particulièrement dans les zones souhaitées, la femme Pulsatilla doit préférer un repas léger en graisses et en sucres le soir et même faire une marche après le dîner, pendant la période digestive (pas toujours facile…) ou même utiliser le vélo d’appartement suivi de douche fraîche sur les jambes pour les personnes travaillant souvent debout.

Pour le traitement, se rappeler que la personne qui y correspond est très sensible à l’homéopathie. Donc pas besoin de charger…Pour les bouffées simples 4 granules de Pulsatilla 5 CH deux à trois fois par jour peuvent suffire, avec une prise supplémentaire nocturne si nécessaire. Si vous souffrez de votre émotivité ou du fait que votre enfant ne communique pas assez souvent, Pulsatilla 7 CH est préférable, et si vous en pleurez préférez Pulsatilla 15 CH à la demande (cette dilution est aussi utile pour le chagrin inconsolable d’une séparation ou d’un veuvage en cas de relation hyper fusionnelle).

Ce sont des femmes qui n’ont pas vraiment réussi à couper le cordon ombilical, ni vers le haut, ni bers le bas…C’est ainsi le remède du syndrome du « nid vide », par les départs successifs des enfants, et qui correspond malheureusement à la période de la ménopause. Pour cette tristesse très maternelle (mais pas que…) le remède reste indiqué à cette dilution, et dans ce cas, l’implication hormonale n’est pas forcément à rechercher. C’est aussi le remède des femmes si attachées à leur mère que l’absence des « allô maman » quotidiens depuis leur mariage, devient intolérable au décès de celle ci. J’ai rencontré souvent des femmes qui m’ont avoué qu »à chaque bouffée de chaleur, elles pensaient à leur mère défunte et qu’elles avaient envie de pleurer…Nous envisagerons l’équivalent dans la ménopause bleue marine.

Ne pas oublier non plus que les hautes dilutions décoiffent le surmoi et rendent nettement moins soumise (passage au féminisme militant si on insiste…)

 

La ménopause Bleue Marine de Natrum Muriaticum

 

Pourquoi donc cette couleur vous demanderez vous, à fort juste titre ?Parce que la souche du remède n’est pas seulement du chlorure de sodium, mais du sel de mer, c’est à dire aussi un mélange de sel et d’oligo éléments de ma mer, qui,  dans notre imaginaire se pare d’un bleu profond.

Ceci nous renvoie naturellement vers l’eau, symbole de la vie et indispensable à celle-ci, depuis l’eau qui coule du Temple à celle du côté du Christ en passant par l’eau du baptême, symbole de l’Amour divin. Nous verrons à quel point  elle joue un rôle important chez les personnes qui y correspondent.

Mais qu’y a t il d’aussi indispensable à la vie, si ce n’est l’Amour ? Vous me direz que tout le monde a besoin d’eau et d’amour, certes, mais il y en a chez qui cela se voit plus: j’ai cité Natrum Muriaticum.

 

Nous avions déjà ébauché la personnalité de l’enfant Natrum Muriaticum chez les enfants déminéralisés et émotifs (–> troubles de la scolarité). 

Pour en revenir à la jeune fille puis à la femme ménopausée qui est notre sujet, rappelons que ce sont des personnes le plus souvent très minces, assez allongées, parfois de grande taille (mais moins que Phosphorus) au muscles secs, peu enveloppés de graisse. Les zones hormono dépendantes, si développées chez Pulsatilla, resteront presque insignifiantes chez ces femmes, peinant parfois même à garder leur poids, même en mangeant bien…Où est donc l’erreur? Ne naissons nous donc pas égaux, ou plus exactement égales ? et bien non ! Prédisposition génétique, certainement, tuberculinisme également (voir ce terme insolite dans le chapitre dédié),  vont déterminer l’insuffisance de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien.

du sel et de l’amour…

La puberté, chez ces jeunes filles minces, à la poitrine le plus souvent peu développée, d’humeur plutôt renfermée, à la peau mixte chargée de séborrhée au niveau du front, du nez et du haut du dos, se fait tardivement et surtout irrégulièrement. Le cerveau émotionnel plutôt déprimé tarde à stimuler l’hypothalamus puis les ovaires. Une simple dépression de l’humeur et les cycles disparaissent pour plusieurs mois, pire encore, si l’anorexie s’installe. Quand les cycles sont présents, ils sont courts avec des règles profuses, accompagnées de douleurs lombaires, témoins de la carence du corps jaune et de l’insuffisance ovarienne.

Mais l’autre insuffisance vient de la faiblesse des surrénales et de l’hormone anti diurétique. Le cortisol retient l’eau et le sel, et l’hormone anti diurétique freine la diurèse surtout la nuit.

Quoi de plus étonnant, et vous l’aurez compris, que cette personnalité recherche le sel et l’eau dans la nourriture sans pour autant la fixer…  l’eau ne fait que les traverser (nous rappelons que Pulsatilla, son opposée, préfère le sucre et n »a pas soif). Vous comprendrez ainsi la faiblesse matinale et l’hypotension, avec son cortège de maux de tête et d’hypoglycémie (cortisol) ainsi que la déshydratation des muqueuses et les levers nocturnes (ADH).

Cette jeune fille est donc plutôt en insuffisance hormonale globale, avec son acné, ses cheveux gras et ses complexes, avec une humeur dépressive, livrée particulièrement à la dysmorphophobie de l’adolescence chère aux tuberculiniques, rêvant souvent de prothèses mammaires.

Elle a donc aussi du mal à fixer l’amour, ne faisant pas confiance à l’autre, ayant du mal à s’engager, à avouer ses sentiments, ne se sentant pas « aimable ».

Elle aurait pu écrire la chanson de Françoise Hardy  »             

Tous les garçons et les filles de mon âge
Se promènent dans la rue deux par deux
Tous les garçons et les filles de mon âge
Savent bien ce que c’est qu’être heureux (…)
 
Oui, mais moi, je vais seule
Par les rues, l’âme en peine
Oui, mais moi, je vais seule
Car personne ne m’aime
 
Mes jours, comme mes nuits
Sont en tous points pareils
Sans joies et pleins d’ennuis
Personne ne murmure je t’aime à mon oreille…
 
Tel est le psychisme de ses jeunes filles alanguies…

 

La sécheresse vaginale , qui est souvent hormono dépendante, peut survenir chez la femme jeune, surtout si elle est fâchée par son conjoint. Il n’y a pas pire œil sec que celui qui refuse de pleurer ! Et c’est bien là la problématique de ces femmes, fragiles, fières, susceptibles et refusant de montrer leur peine à celui qui les a blessées, préférant s’isoler, bouder, pleurer discrètement sous la douche, ou en pleurant la nuit avec leur vessie par plusieurs levers. Pour ces jeunes femmes, la contraception hormonale doit être forte en ethinyl estradiol, jouant là un rôle d’épanouissement physique et émotionnel, qu’elles retrouveront également pendant la forte imprégnation hormonale de la grossesse, devenant presque aussi vénusienne que les autres femmes, mais retrouvant, hélas, leur poids initial très rapidement.

la famine

Avec la ménopause, les choses se compliquent. La période d’activité ovarienne, plus riche en estradiol, pour peu qu’elle soit accompagnée d’une vie conjugale paisible, aura compensé un temps la pénible entrée de la jeune fille dans le monde de la femme mure (mais gare à la rupture amoureuse !). La chute hormonale, ici, est brutale et forte, du jour au lendemain, car il n’y a pas de compensation possible dans les zones hormono dépendantes. Il s’agit là d’une famine hormonale, accompagnée, j’ose le dire,  d’une famine amoureuse. Les bouffées sont nombreuses, fortes, avec des suées importantes surtout au front et au visage. La soif revient et les levers nocturnes se multiplient, d’autant que la vessie ne se laisse plus autant remplir en l’absence d’œstrogènes  (vessie spastique de ménopause). La sécheresse vaginale sera le plus souvent intense, voire douloureuse, parfois compensée par une hypersécrétion acide plus gênante qu’utile. La tendance à l’incontinence réapparaît, à la toux ou à l’effort, rappelant ici l’énurésie de l’enfance, et la ptose vésico utérine viendra plus facilement que chez les autres femmes.

Et les sentiments suivent ils la même courbe descendante, avec le retour des insomnies, facilités par les levers  nocturnes allongeant indéfiniment ces heures sans repos par la rumination triste de la cassette « blessures affectives », remontant parfois jusqu’à l’enfance (voir dans « Ignatia » l’attachement de l’ambivalent résistant).

L’affectivité écorchée lui fait mal tolérer son conjoint, avec des accès de colères liés en partie à la fatigue, une baisse de libido aggravée par la sécheresse vaginale. Sa solitude et son manque de confiance peut néanmoins la rendre jalouse, épiant le manque d’attention de son conjoint, tout en feignant d’y être indifférente… 

Dans mon cabinet médical, j’ai entendu, à propos des bouffées, certaines me dire « je suis une torche vivante » ou pour l’une d’entre elles qui avait bien failli réussir à mourir d’amour : « à chaque bouffée, j’ai faim et j’ai soif » sans pour autant rajouter « d’Amour »…

Cette ménopause sèche en hormones va être plus difficile à équilibrer que les précédentes, car trop en carence hormonale . Il faut conseiller de garder le sel (le régime sans sel strict serait aussi aggravant qu’un excès de sel, comme on le rencontre dans les territoires côtiers avec vent marin), et s’hydrater beaucoup. Pour les bouffées et la déshydratation (on peut se régler sur le besoin du stick à lèvres), il faut prendre au moins deux fois par jour Natrum Muriaticum 4 CH, et, pour le moral, Natrum Muriaticum 7 CH 10 granules deux fois par semaine.

On peut y ajouter des œstrogènes végétaux, soja, kudzu, sauge, luzerne, lin … mais aussi un traitement hormonal de ménopause (THS) en l’absence de contre-indications. Nous y reviendrons à la fin des chapitres sur la ménopause.

Comme vous le voyez, il y a ménopause et ménopause, et il serait illusoire de vouloir la résumer à un simple « troubles du climatère »!

 

Nous sommes dépendants de nos hormones et les femmes plus que les hommes en subissent les fluctuations. Le taux sanguin n’explique pas tout, car il est quasiment nul chez toutes à la ménopause, mais les variations individualisées par l’homéopathie aident la femme à mieux se connaître et à mieux retrouver son équilibre.